lundi 2 avril 2012


Ce que vous devriez savoir !

Dans le train de Kiev vers Sébastopol Juin 2011
Quand nous avons pris la décision d’adopter en Ukraine, nous nous sentions bien loin et plutôt seuls dans notre petit Nord. Je dois l’avouer, je n’avais aucune idée d’où se trouvait ce pays que je connaissais de nom, mais non de situation (géographique). C’est en janvier 2010 que j’ai rencontré pour la première, et unique fois, la belle Nadia de TDH pour les enfants à Montréal. C’était le début d’une relation d’accompagnement efficace et nécessaire pour mener à bien toutes les démarches (de taponnage) nécessaires pour compléter notre précieux dossier.
Dans le train de Kiev vers Sébastopol Juin 2011
Comme je suis plutôt dernière minute, j’ai souvent eu des délais serrés de  quelques jours, à quelques heures, pour retourner un formulaire dans lequel j’avais  fait une erreur ou pour modifier une information essentielle. Par exemple, j’ai dû faire modifier mon évaluation municipale (attention de bien lire les instructions!! Je ne crois pas être la seule à ne pas avoir fourni les bonnes mesures!). Heureusement pour moi, le service au citoyen ici est accessible et rapide (ce qui ne semble pas être le cas partout!) ce qui explique qu’il s’est écoulé exactement 22 minutes entre le téléphone de Nadia pour signaler l’erreur et le retour par Express post du document produit et signé par la ville ! Une opération qui peut prendre habituellement plusieurs semaines dans de plus grandes agglomérations. (Y a tout de même des avantages de vivre en région !!)

Où trouver de l’information ?


Une des nombreuses gares de train sur
notre chemin

Il n’est pas facile de trouver de l’information sur l’adoption. J’ai cherché et c’est dans les blogues des autres familles que j’ai trouvé le plus d’informations. Je n’ai pas fait de lecture scientifique sur la psychologie des enfants adoptés, sur les techniques d’approches, sur les difficultés d’adaptation ou le choc de l’attachement. Je n’ai jamais trouvé le fameux livre du docteur Chicoine et je n’ai assisté à aucune conférence (ce n’est pas très populaire par ici,  et pourtant nous avons une communauté internationale bien diversifiée!)  Mais j’ai fait une lecture intégrale d’au moins 10 histoires familiales d’adoption dans divers pays.  J’ai vécu le quotidien de femmes, d’hommes et d’enfants qui m’ont touchée, qui m’ont fait rire et qui m’ont émue. J’ai parlé au téléphone avec une maman qui m’a partagé son expérience à cœur ouvert, avec une générosité sans borne. Un de ses petits complices a même participé en me donnant le code 9-1-1 de l’Ukraine au cas ou nous aurions une urgence médicale (qui est, je crois, 2-1-1 ou 2-2-1. Heureusement, nous n’en avons pas eu de besoin). En plus, j’ai pu compter sur l’appui et la complicité d’une marraine d’adoption qui m’a donné les meilleurs conseils avant de partir : soit de profiter de chaque minute de ce voyage d’amoureux, de faire confiance à l’équipe et à la vie. De vivre à fond chaque moment et surtout de vivre cette aventure au jour le jour ! De bons conseils qui nous ont permis de dédramatiser, et surtout de déculpabiliser lorsque nous n’avions rien d’autre à faire que de regarder le temps passer.


Monument de Sébastopol

C’est cette belle générosité de tous qui nous a permis de bien nous préparer et de profiter de notre voyage!  À cela, ajouter les centaines de photos de Kiev, celles des maisons des enfants et enfants eux-mêmes, la somme de tous les détails pour l’organisation de la vie au quotidien et du support de tous ceux et celles qui nous encourageaient et nous manifestaient leur appui.  Voilà, c’est donc riches de vos expériences que  nous  avons réussi à atténuer le choc culturel et à devenir rapidement compétents dans ce nouvel univers. Dois-je vous rappeler que c’était notre premier voyage hors du Québec ! Pas mal comme initiation !  

Bien se préparer!!


Il est difficile de tout raconter ce qui se passe dans notre tête et dans notre cœur quand nous sommes à mille lieues de notre réalité et que l’enjeu est le dénouement de notre vie familiale. D’où l’importance de bien se préparer, à commencer par s’informer, lire, regarder, étudier, réfléchir, comprendre qu’elles sont les procédures d’adoption en Ukraine (c’est là que les blogues peuvent jouer un rôle important pour pallier aux sources d’information plus formelles, si celles-ci ne sont pas accessibles).
Il est très important de bien comprendre le processus des rendez-vous et d’oser poser des questions avant le départ. Il est primordial de comprendre et d’accepter les conséquences des choix que nous devons faire une fois sur place, ce qui peut aussi impliquer de revenir seul. Même si ce n’est pas évident d’ajouter cette variable dans l’équation de notre bonheur, nous l’avons fait dès que nous avons pris notre décision d’adopter en Ukraine. Ça nous a permis de mieux nous préparer à cette éventualité et d’en parler ouvertement avec notre entourage. Une fois sur place, notre plus grand rêve était de former une famille, mais nous n’avons jamais exclu la possibilité de revenir seul. Dans le cas où cette situation se serait produite,   nous savions que le choc serait important, alors nous avions convenu d’un plan B qui, nous l’espérions, nous permettrait de passer à travers cette épreuve.
Première photo de famille officielle ! queslques heures après notre premier contact !!
La première fois que j’ai entendu parler du processus de présentation des enfants sur place à partir de photos, j’ai commencé à angoisser sur le fait que je serais incapable de choisir entre trois binettes, laquelle pourrait devenir mienne. J’ai même demandé à Nadia de TDH si je pouvais revenir sur mon deuxième choix lors du deuxième ou même du troisième rendez-vous au cas ou le premier ne me plaisait pas…La réponse a été NON !! J’ai eu un peu honte d’avoir posé cette question, mais c’est dans ma logique de consommatrice d’avoir le choix et c’est dans cette optique que je me représentais le concept de présentation des enfants  qui nous seraient proposés, alors que pour mon chum, c’était clair que ma question était hors champ ! Alors, soyez-en informé !)

Les blogues à la rescousse !

Marc-Antoine avec ses genoux bleus: jour 1
Rozaly qui joue: Jour 1
Vos blogues ont été mes guides Michelin! Avant de partir sur la route, dans le bonheur et le doute, vos récits de vie nous ont accompagnés et surtout guidés. Je me souviens d’un soir ou nous avions une décision particulièrement difficile à prendre, et je me suis dit : Attends ! Je sais que quelqu’un a déjà vécu une situation similaire et qu’est ce qui s’est passé ensuite ?  En moins de deux, nous lisions à haute voix le récit de vie d’une famille qui avait vécu la même situation. En moins de deux, nous étions réconfortés et surtout plus rationnels pour prendre une décision qui changerait inévitablement de court de notre vie.

Ce que vous devriez savoir !


Malgré tous les conseils et les informations, il reste toujours des zones grises qui créent de l’inquiétude (dans mon cas) et restent sans réponse. Voici une petite liste de conseils qui gagnerait à être bonifiée avec la somme de toutes les informations pertinentes que vous pourrez trouver au cours de vos lectures d’autres récits de vie !  

1-      Bien se documenter par tous les moyens possibles

2-      Faire confiance à l’agence (lire TDH pour les enfants)

3-      Apporter peu de  vêtements et de bagage (nous avons déménagé 5 fois, incluant notre  épicerie !!)

4-      Avoir de bons souliers de marche, un chapeau (le soleil tape !!)

5-      Des bijoux passe-partout (C’est plus pratique et moins stressant)

6-      Un pot de beurre de peanuts, c’est bon et réconfortant

7-      Des sacs plastiques (Ziploc); des contenants pour collations des enfants et nos restants

8-      Des gobelets pour apporter du jus et des fruits aux enfants

9-      Une DÉBARBOUILLETTE !!!!! pour se laver et se rafraîchir (surtout l’été!!)

10-   Nous avons utilisé un cintre en métal en guise de grille-pain!

11-   Adaptateur pour les prises électriques

12-   Un KIT de survie au cas où vos valises ne suivraient pas !! (Vêtements de rechange propres et confortables, parce qu’après 24hers avec les mêmes vêtements, ils sont moins frais et nous aussi !! Je sais de quoi je parleJ).

13-   Une  carte VISA qui fonctionne !!! Valider votre NIP. Idéalement, une carte de rechange au cas où la No.1 ne fonctionne pas J !!

14-   Prendre le temps de s’informer des modalités de transferts ou de retraits d’argent par VISA et-ou des procédures en cas de problèmes lorsque vous répéter des opérations qui peuvent laisser croire que votre carte a été volée et que vous ne pouvez plus l’utiliser (finalement, c’est une répondante de ma banque qui était au courant de notre histoire qui a réglé le problème, par l’intermédiaire de ma mère, parce que nous étions incapables de communiquer avec 1-800-visa, quant après avoir fait 6 choix pour un service en français outre-mer et tout le tralala…la ligne coupait. Après plusieurs tentatives échouées et sur le bord de la crise de nerfs…, tout s’est réglé par l’intermédiaire de ma succursale locale et de ma mère !  Mille mercis Mesdame !



15-   Commander votre argent américain auprès de votre institution financière dès que possible ! (Je ne savais pas qu’il s’agissait d’une commande spéciale. Donc, 3 semaines avant le départ, j’ai appris que la prochaine livraison se ferait dans  5 semaines… Heureusement, la madame a trouvé  des piastres dans sa chambre forte, mais pas assez pour assumer la totalité de nos dépenses, donc… J



16-   En cas d’urgence, identifier un répondant qui peut vous transférer de l’argent par Western Union !! En moins de 24 heures (décalage oblige) l’argent est disponible dans une banque ou un comptoir (À Sébastopol, grande ville touristique, il y’en avait des dizaines).



17-   Bien lire le contrat de l’agence et bien considéré et budgéter les dépenses administratives, incluant les frais de service à verser à l’orphelinat.



18-   Prévoir un budget gâteries !! Restaurants, souvenirs, petits plaisirs !! Il peut-être difficile de résister à la tentation !! L’art est EXQUIS !! et la tentation de gâter nos petits  peut être difficile à contenir.



19-   Prendre des photos, des centaines de photos !! Des photos de tous et surtout de ce qui nous semble anodin !! Filmer aussi les enfants dans leur environnement et dans leur langue !! Pour nous, c’est une source de souvenirs que les enfants aiment regarder, même si ça les rend nostalgiques toutes les fois ! Et pour nous, c’est précieux!



20-   Au quotidien… Les produits d’hygiène personnelle (shampoing, savon, déodorant, crème à barbe, produit Vichy et L'Oréal, dentifrice (Colgate à la cire d’abeille !! Hummm), tout est disponible en pharmacie. Des produits de base conviennent pour démarrer et on peut facilement s’en procurer sur place à bon prix (ça fait quelque chose à faire).



21-   Nous avons payé TRÈS CHER notre Cottonelle en fin de voyage!! Mais ça fait partie des petits luxes que l’on s’est offerts (comme quoi les priorités changentJ).



Nous nous sommes pris en photo, avec en arrière plan une photos d'eux qu'on avais donné.
Nous leur avons présenté cela, pour leur dire que nous les oublions pas, même si ils étaient à la Montagne !
Je crois qu'ils ont beaucoup apprécié et que ça les as rassuré.
22-   Établir un lien de confiance avec une personne ressource (marraine ou parrain d’adoption) avec qui vous pouvez communiquer vos inquiétudes et vos joies ! C’est une source de support inestimable. Quand cette personne vous écrit, « Je sais ce que c’est!! Ça va aller ! »  C’est rassurant !



23-   Valider avec votre interprète les règles à suivre à l’orphelinat. Ce sont eux (à l’orphelinat) qui dictent les règlements, et il n’y a d’autres choix que de les respecter. Ainsi, il faut savoir que



a.        Les visites quotidiennes se font à l’écart des autres enfants;
Nous avions la permissions de sortir,
si babouchka nous accompagnait

b.      Si vous apportez des gâteries à vos enfants, il peut arriver que vous deviez en apporter pour tous les enfants (fruits, bonbons, jus);

c.       Nous avons changé les vêtements des enfants, le matin même que nous sommes allés les chercher avant de quitter;

d.      Nous avions un grand sac plein de jouets que nous apportions à chacune de nos visites, ainsi nous avions toujours nos jouets;

e.      Comme nous étions en été, les enfants sont allés en vacances, ce qui exigeait une nouvelle logistique pour les visites (déplacements et frais de transport non prévus);

f.        Comme notre appartement était au centre-ville d’une grande ville, nous avons payé plus cher le coût du loyer, mais nous pouvions nous déplacer à pied;

g.       Il faut être tolérant et accepter les situations telles qu’elles se présentent (dans les limites de l’acceptable. Valider avec votre répondant local où vous pouvez poser des limites);

Quelques jours avant notre départ pour la Canada. Lors d'une de nos trop rare
visite à la montagne ! Juillet 2011
h.      Faite confiance à votre interprète et ne sous estimé pas son travail. Lorsqu’on réalise tous les sacrifices que font ces personnes (loin de leur famille) et le stresse  qu’elles doivent vivre,  elles méritent amplement leur (maigre) salaire et notre reconnaissance;



i.         Prévoyez de passer une dizaine de jours à Kiev avant votre retour au Canada. Ce passage obligé semble interminable, mais il s’avère très utile pour faire la transition entre la vie à deux et la vie de famille. (C’est là qu’un budget divertissement  peut s’avérer utile, voire même nécessaire).

j.        Sans doute qu’il y a plein  d’autre chose à dire, alors si vous avez des questions ou des recommandations, faites-le-moi s’avoir et je bonifierai la liste !
Enfin, en famille !! Première crème glacée à Kiev !! 15 juillet 2011


Vous les avez changés de noms ?


Cadeau de Ksénya !!!
Avant de partir, nous avions pris la décision  d’offrir à nos  enfants un nouveau prénom pour marquer le début de nos nouvelles vies. Nous avons beaucoup réfléchi et nous avons trouvé des prénoms chargés de sens et de significations pour nous.  Advenant que les enfants aient refusé cette option, nous aurions respecté leur opinion.  Nous avons attendu longtemps avant d’en parler aux enfants. Nous nous sommes  habitués à leurs prénoms typiquement russes qui convenaient parfaitement dans cet environnement.  Mais lorsque nous avons abordé le sujet, leur réaction a été immédiate et positive. OUI!! Pour eux, c’était pratiquement une évidence d’avoir une nouvelle identité.


La transition identitaire s’est faite graduellement. D’abord, j’avais imaginé un scénario pour officialiser le transfert d’identité. Petite sortie au resto et remise officielle des nouveaux passeports ukrainiens avec les noms canadiens, et tout le monde est heureux….Baaaahhh….!!  Voilà une autre preuve du décalage qui se produit entre la représentation de notre idéal situationnel, et la réalité. Finalement, nous avons fleureté avec la double identité en Ukraine, du moment où les enfants étaient avec nous jusqu’à la date de départ pour le Canada et c’est une fois à l’aéroport, quand nous étions en plein contrôle de notre vie,  que le transfert d’identité a vraiment débuté.

 


Il grandit à vu d'oeil !  Mars 2012

Mars 2012




L’appropriation de cette nouvelle  identité a été plus bouleversante pour Marc-Antoine. Égal à lui-même depuis le début de l’aventure, il a pris son temps et une fois qu’il a accepté de se détacher de Vania (qui existera toujours dans nos cœurs et en lui), il a accepté de devenir Marc-Antoine, avec tout ce que ça implique;  soit une nouvelle page blanche à remplir d’histoires, d’amiEs, de familles, de photos et d’amour. 






Dans la cosmologie inuite, lorsque l’on donne le nom d’un aîné à un enfant, c’est une partie de son âme qui continue à vivre. Le nom de Rozaly est le résultat d’un savant mélange ethnique et symbolique, puisque la belle Roze Russe porte également en son nom une partie de l’âme de tous ces nouveaux aïeuls. Ce qui explique sans doute bien des traits de son caractère, déterminé, contrôlant, fier, sensible, aimant, etc.



Chacun connaît la signification de son nom et  maintenant qu’ils en comprennent mieux le sens, je crois qu’ils sont encore plus fiers de leur nouvelle identité.  

Avec le recul et notre expérience je crois que le plus important est de toujours se rappeler que même si notre décision est réfléchie, préparée, financée et organisée depuis des années, le premier matin que nous avons rencontré nos enfants, eux étaient certains qu’ils devaient se rendre chez la directrice pour se faire chicaner. Voilà une autre forme de décalage ! 
21 Mars 2012, Chibougamau



À Bientôt !!


Petit lexique (phonétique) suggéré par Marc-Antoine pour communiquer avec vos petits. Mais ne vou sinquiétez pas, ils sont des AS de l'interprétation et du mime !!:) :
Ce que les parents dvraient savoir...il y a une application de traduction sur GOOGLE !!! ce que je ne savais pas !! En plus ça parle !!!!! Donc, efficace pour la communication des premiers jours :)))))

Priviète : Salut                      Ya-tibia-Loublou (loubliou): je t'aime !!
Packa : Bye-Bye

Malinki : petit    Balchoye : grand   Moultique : Comiques    Kouchètt : Manger

 Idissouda : Viens ici       Spassiba : Merci   Rarachou (ARACHOU) : D’accord

Dasvidagna : Au revoir   Dobridienne : Bonjour   Igrattss : jouer                 Smatri : regarde (ce que je fais)

Pakagé : Montre-moi    Kanfetta : bonbon   Suck : Jus   Vada : Eau




vendredi 27 janvier 2012

Ainsi va la vie !!


C'est l'automne qui s'installe

Nous avons atteins notre 6e mois de vie de famille, le 24 janvier 2012. Il s’en est passé des choses depuis les derniers mois, à commencer par les premiers : Premier halloween, première neige, premier noël, etc. Tous ces premiers comportent aussi leurs lots de défis, pour les enfants et les parents.



La première neige a été une expérience grisante. Pas question de rentrer; on fait la chasse aux flocons. La langue sortie, les bras en croix, ils y ont passé au moins 15 minutes avant de changer de position. J’ai même surpris garçon en train de s’empiffrer de neige trouvée ici et là, avec délectation et empressement.






Deuxième défi : comment jouer dehors l’hiver? Pour nous, qui avons toujours vécu ici, la neige offre mille et une opportunités de jeux créatifs. Et bien sûr, nous avons venté ses mérites aux enfants depuis déjà plusieurs semaines. Mais dans le concret, comment on s’amuse et surtout à quoi on s’amuse ?? Fais-toi une maison !! Comment ??? Faisons un bonhomme de neige !! Comment ?? Je veux me glisser !!! Pas possible…il n’y a pas assez de neige ! Je veux faire de la motoneige….Pas possible, y a pas assez de neige !! Tu m’avais dit que l’hiver n pouvait glisser et faire de la motoneige !! C’est l’hiver et on ne peut même pas ??!! Aurais-je oublié de parler des saisons de l’hiver…celles du début, du milieu et de la fin…qui s’étendent jusqu’en mai….Une étape à la fois les marmots.

Première neige: octobre 2011






Leur engouement pour les activités extérieures ne s’estompe pas. Le froid, le vent, la pluie verglaçante, rien ne les arrête, sauf peut-être l’ennui de jouer seul. Ils savourent leur liberté !!



Maintenant que l’hiver est bien installé (depuis longtemps ici), ils ont découvert les joies de la glissade, de la motoneige, de la trottinette des neiges…mais également les désagréments du froid qui brûle la peau des mains et assèchent les joues. Nous avons donc ajouté à notre liste d’activités quotidiennes, le « crémage » : les mains, le visage, les lèvres, tout y passe.

On profite de l’hiver pour s’initier à la natation et diversifier nos activités. Nous savions que Rozaly avait une aisance dans l’eau et que Marc-Antoine était plus réticent. Après un premier cours d’initiation, Rozaly a été déplacée au niveau supérieur…Marc-Antoine n’a pas voulu embarquer dans l’eau. Trop grosse, trop froide, j’ai peur. Au même moment, le moniteur cherche Rozaly qui a disparu sous l’eau (elle a du souffle la petite !).


Heureusement, Marc-Antoine a fait des efforts et s’est lancé à l’eau au 2e cours (après avoir menacé d’abandonner). La fierté qu’il nous a inspirée par son courage et sa détermination lui a suffit à se convaincre d’essayer à nouveau et de foncer.


L’adaptation se passe bien. La période des devoirs est une heure de travail intense, qui se passe de mieux en mieux. Les enfants collaborent, s’appliquent et m’impressionnent. Ils bénéficient d’un accompagnement professionnel de 6 heures par semaine en francisation (service offert par l’école pour les clientèles autochtones), ça aide BEAUCOUP !! On se pratique pour la dictée PGL et c’est renversant de voir avec qu’elle facilité Rozaly maîtrise l’orthographe des mots. Je lui ai demandé comment elle faisait, elle m’a dit : « J’écoute mes syllabes… », Marc-Antoine a raffiné son écriture et prend toujours un plaisir à parler et parler, et parler, et expliquer des choses, tout le temps !!!


Après 6 mois, on les sent aussi plus confiants, moins stressés. Je les questionne beaucoup sur leur vie à Sébastopol, comment était leur vie là-bas, ce qu’ils mangeaient, qu’est-ce qu’ils faisaient à l’école, avec leurs amiEs. Ça nous permet d’apprendre à mieux les connaître, de mieux les comprendre et de relativiser certaines attitudes ou des comportements qui deviennent alors beaucoup plus signifiants. Nous ne forçons pas les conversations, mais nous laissons la porte ouverte. Eux-mêmes ont pris l’habitude de se remémorer les belles aventures et de partager des moments plus tristes. C’est à travers ses confidences qu’ils nous ont avoué toute la peur qu’ils ont vécus avec nous….Les premiers contacts, le voyage, les premières semaines au Canada, les premiers mois. Ces confidences sont reçues sans jugement, mais beaucoup d’émotion. Nous construisons notre histoire familiale à travers ses bouts de vies, qui s’entrecroisent, se choquent, s’éteignent ou qui naissent.


Nous correspondons avec Babouchka Valentina à Sébastopol, aux événements importants (fête, Noël). Elle a eu la gentillesse de nous faire suivre des photos de Rozaly à différente époque de sa vie, dont une photo d’elle à 7 mois!!! Nous l’avons encadré et nous rigolons à chaque fois que nous passons devant cette photo de « Gros bébé russe » (C’est le nom que nous lui avons donné….) cette petite bonne femme joufflue, que l’on imagine potelée sous ses habits, n’a pas changé d’un poil !! D’autres photos et un DVD présentant Mademoiselle en prestation dans le cadre d’un spectacle de fin d’année (elle a peut-être 5 ans), ont été reçus comme des cadeaux de la vie, précieux pour nous et pour elle.  


L’histoire de vie de Marc-Antoine est différente de celle de sa grande sœur, et est parsemée de claires obscures. Dans son monde, l’imaginaire prend une place importante et modifie l’ordre des choses, et c’est bien ainsi.







Notre premier Noël en Famille




maro en coureur des bois Halloween 2011

Rozaly en petit Diable !!












La vie au quotidien suit son cours. Nous avons une belle routine qui nous permet d’être efficaces, même si maman a repris le travail au début janvier. Les progrès scolaires sont très satisfaisants, si on tient compte du chemin parcouru.



Nous sommes très heureux de notre nouvelle vie, et pour rien au monde nous ne changerions nos petits amours. L’adoption d’enfants plus âgés est moins commune, mais je trouve cette expérience gratifiante et valorisante. Nous vivons une belle aventure !!



Notre premier bonhommme de Neige !
Mon beau Marco xx
Noël 2011
Moût de Pomme pour Rozaly xoxox
C'est Noël !!


mercredi 28 septembre 2011

Déjà 2 mois !!

Plaisirs d’automne !



Première activité de la journée...

Ça fait maintenant deux mois que les enfant sont au Canada. Nous sommes arrivés le 24 juillet, après un long…long… long voyage. Ils étaient heureux de découvrir leur nouvelle maison, le lac à quelques pas de leur chambre, leurs lits inondés de toutous, un frigo toujours plein de bouffe, un accès illimité à de l’eau potable et surtout….UN BAIN!!!! LA récompense par EXCELLENCE!!!! Et bien sur, la pire des punitions…perde ce privilège, contre une douche.

Si tout ne c’est pas exactement passé comme je me l’étais imaginé, je crois que nous nous en sommes bien sortie. Pour nous, le séjour obligé à Kiev a été une occasion d’apprendre à se connaître, mesurer nos forces et déceler nos faiblesses. Nous avons ris, mais nous avons aussi pleurés. On s’est dégonflés et on s’est félicités de nos bons coups.


Nous nous sommes consolés en se disant que nous avions droit à l’erreur et que notre principal défi, à tous, était d’apprendre à vivre en FAMILLE!! Nous devons apprendre à être parents…eux doivent apprendre à vivre avec des parents.
J’ai écris un petit blogue à Kiev, où je vous disais que je ne me sentais pas habité par le sentiment de sérénité et d’amour maternelle que j’espérais….j’ai choisi de me censurer sur ce sujet, croyant que ce n’était pas bien de parler de l’absence de ces sentiments d’amour après tous les efforts déployés, l’attente et la concrétisation, mais c’est la vérité. Cet état passager se manifeste encore quelques fois. Quelques instants où je replonge dans ma vie d’avant, celle d’une vielle fille qui vivait seule, sans contrainte de temps, d’horaire et de responsabilités. Cette vie ne me manque pas, mais alors pas du tout…mais ça ne fait que deux mois que je suis maman…





Le club des petits lions Rozaly 13 août
Eve 8  août et Marc-Antoine 11 août 
L’intégration dans notre vie s’est bien fait, et nous avons vite compris ce que nous devions accomplir ! Premier constat : Les enfants sont hyper-affectueux. Le premier contact avec la famille a été une agréable surprise. No.1 L’accueil intime de tante Rollande et de son copain George (qui parle Russe) à l’aéroport de MTL a charmé les enfants. No.2 Rozaly s’est sentie en sécurité dans les bras de Mamie Nicole, et s’est endormie profondément de Val d’Or à Malartic. No.3 Marc-Antoine s’est élancé dans les bras de Caro (ma sœur) en criant son nom à plein poumon, avant de faire la même chose avec Eve, qui est maintenant sa princesse !!!! Rozaly suivait derrière. En moins de deux, ils se sont faufilés à l’intérieur de cette grande maison qui regorge de trésors (chez Caro). Deuxième constats : Ils découvrent et explorent. Eve qui avait bien rangée sa chambre, n’avait pas assez d’yeux, de bras et de voix pour gérer l’équipe d’explorateurs qui ouvrait un à un tous les tiroirs, les petites boîtes secrètes, les livres bien rangés, etc. Rapidement ils ont mis la main sur ce qu’elle avait de plus précieux, de plus beau et de plus secret…c’était un peu trop. Ils ont donc changé de pièce !





Ils ont inspectés la maison de fonds en combles, ce que nous avons trouvé charmant, jusqu’à ce qu’ils reproduisent le même comportement dans un environnement qui nous était moins familier et où la retenue et le savoir-être nous interdit de fouiner dans l’intimité des gens. Nous avons vite compris qu’il fallait agir. Non !! Touche pas !! Reste ici !! Ne vas pas là !! Faits pas ça…..nous avons convenu qu’il était plus sage de demeurer à domicile et de limiter les sorties, tant que nous ne contrôlerions pas mieux l’esprit de curiosité de nos petits lions.





Ils ont occupé leurs premiers jours à bricoler et à pianoter sur un petit clavier en plastique. Ils se sont approprié un petit espace au « grenier » (mon bureau…) et y ont établi leur QG. La chasse aux papillons a aussi été une de leur première activité. Très tôt, nous avons débuté des activités de francisation, en débutant par l’alphabet, copier des mots, formuler des phrases complètes, répéter, répéter, répéter. Puis, nous avons augmenter les périodes d’étude jusqu’à 2 heures par avant-midi. Nous avons joué au BINGO !! Une bonne façon d’apprendre les chiffres et de faire la provision de Smarties.







Première sortie en bateau avec Papa  août 2011


Si la langue a parfois fait obstacle à notre compréhension mutuelle, la danse et la chant (surtout pour Marc-Antoine) ont été des véhicules de communication efficace. Ils ont un talent inné et le rythme dans la peau. Moment de pur bonheur qui se font maintenant de plus en plus rare. Par chance, j’ai capté leurs meilleures prestations sur vidéo!





De jour en jour, nous avons vu des changements importants dans l’attitude et le comportements des enfants. Ils ont des personnalités vraiment différentes et les changements s’opèrent à des niveau différents. Rozaly s’épanouie de plus en plus; gagne en maturité et comprend que nous sommes là pour elle et son frère, donc qu’elle peut lâcher prise un peu, et prendre ce que la vie lui offre. Marc-Antoine, qui séduit par son charme et son charisme, fait des pas de géant. Je ne vois plus le petit Vania de Sébastopol qui se cachait dans le buisson, mais un grand garçon, solide et fonceur, la main dans la poche de son jeans, avec un petit regard assuré. Je le sens épanouis et en confiance!!






Marco et sa coupe Requin

Je passerai sous silence les épisodes de discipline et de gestion de crises, qui ne ce sont pas produit si fréquemment, mais qui ont contribué à nous faire avancer, à tourner la page sur la vie d’avant et à assumer les choix que nous avons fait, comme celui de changer leur nom. L’intégration de la nouvelle identité s’est bien passée. Nous n’avons pas forcé les choses et l’acceptation et l’appropriation de leurs nouveaux noms s’est fait d’elle-même. Marc-Antoine a essayé de gérer sa double identité. Lorsqu’on lui demandait son nom, il a répondu à quelque reprises….Marc-Antoine…mais je suis Russe et en Russki…c’est Vania ! Je crois que c’était plus pour lui. Après deux fois, il a laissé tombé. Maintenant, quand ils me racontent des épisodes de leur ancienne vie, ils s’identifient comme Rozaly et Marc-Antoine!!




Parmi tous les apprentissages qu’ils ont eu à faire, le vélo est leur plus grande fierté et est synonyme de liberté !! Après deux jours de travail acharné et de détermination, Rozaly a réussi à rouler seule. Après deux jours de colère, de boudage et de découragement…Marc-Antoine a réussi lui aussi. Ce fut un bon exercice pour comprendre leur tempérament, ce qui ne ment pas, et qui nous aide maintenant à mieux gérer la période des devoirs !




L’école


11 août 2011: j'ai 8 ans

Rozaly a eu 9 ans le 13 août et Marc-Antoine 8 ans le 11 août. Leur scolarité se résume à une 1ère année. Ici, ils ont été classé par groupe d’âge. Marc-Antoine s’est donc retrouvé en 3e année et Rozaly en 4ème année. Pour elle, ce fût la plus belle récompense que le vie pouvait lui offrir. Pour lui c’était le pire qui pouvait lui arriver. Après un épisode de panique, il s’est ressaisie et a foncer. Il est tombé sur une prof qu’il aime (et qui l’aime). Rozaly est motivée par la fierté et la reconnaissance d’une enseignante d’expérience qui la valorise et lui inspire une grande confiance et le goût d’apprendre. Ils bénéficient d’un 6 heures par semaine de francisation et font des efforts remarquables. Après seulement un mois d’école, ils parlent un français acceptable, chantent sans faute et sans accent Frère Jacques, l’alphabet, Madame chatte de Passe-Partout et toutes les comptines que nous leur montrons. Rozaly a la bosse des maths. Marc-Antoine se décourage devant l’effort et se ressaisit après un petit 5 minutes de boudage et performe.

Premier jour d'école

13 août 2011: J'ai 9 ans














Ces petits sont très intelligents et ont été bien encadré dans leur vie à la maison des enfants de Sébastopol (c’est plus beau qu’orphelinat). Rozaly m’a expliqué qu’est-ce qu’était le cosmos et plein d’autres concepts de la faune, de la flore et de la vie : ( Je l’ai lu dans un livre à Sébastopol).




Carte de fête de Babouchka
Forte en analyse sociologique, elle m’a fait remarqué qu’ici, il n’y a qu’une famille par maison, mais qu’a Sébastopol, il y 4, 5,6, 7, et parfois 8 familles par maison. Il y en a en haut, en bas, à côté, à côté-côté, etc. Quand je lui ai demandé qu’est ce qui pouvait expliquer cela….elle a dit qu’à Sébastopol il y avait trop de magasins pour avoir autant de maison qu’ici !!! C’est vrai !!




Aujourd’hui, nous avons atteint un bel équilibre. Il y a encore du chemin à faire, des comportements à améliorer, de la discipline à maintenir, mais nous avons atteint notre principal objectif : être heureux. Et voilà, c’est le plus beau compliment que les gens peuvent nous faire, en nous disant au premier regard que nos enfants respirent le bonheur, puisque c’est vrai et pour nous aussi.




Même si nous n’avons pas entendu leurs premier mots, que nous n’avons pas vu leurs premiers pas, j’ai vécu autant de belles émotions. J’ai pleuré lorsque Rozaly m’a dit écoute maman, et qu’elle a compter jusqu’à 100 en français, toute seule, dans son bain !! …J’ai été émue lorsque Marc-Antoine s’est levé un Samedi matin en chantant son alphabet (en reprenant le lettres que je lui soufflais), fier de son effort.

Rozaly ...simplement herueuse !!!!



Vraiment, la vie nous a gâté !!













Cousines et cousins
Encore des cousines et des Cousins






Plaisirs d'automne

LIBERTÉ!!!!!

mardi 23 août 2011



Quelques minutes avant notre départ, sur le quai de la Gare de Sébastopole.  Nous avons fait la cuillette des enfants 8h00 ce matin du 14 juillet 2011. C'est toute une aventure qui s'annonce !!



Arrivée à Kiev... on déguste la crème glacée offerte par Ksénya !!  Memoum-Menoum

Enfin...le CANADA!!    C'est la fête !!!
Enfin nous sommes presqe chez-nous !!! C'est un coup de foudre instantané pour tout le monde!  Les enfants découvrent enfin ce que représente le concept de FAMILLE!!!


C'est grand le Canada...c'est loin le Nord du Québec...Mais ce sont de Grands Voyageurs qui cumulent 18 heures de train;  10 heures de vol intercontinental; 15 heures de voiture...Nous avons fait un stop à Val d'Or.  Les enfants nous ont dit: " Svarda.....Machine...machine...machine...Noooooonnn!!!" Nous avons donc attendu une journée pour le retour à la maison !!

La coquetterie est  toujours de mise!!  Fillette a découvert de beaux rubans dans le garage de Papa...Avec toute la grâce d'une gymnaste Russe, elle gambade avec ces longs rubans qui vivrvoltent dans le vent !!






Déjà après une semaine à la maison, nous observons des changements dans les comportement et l'épanouissement de nos petits lions, qui débordent de charme, de talents (chant, danse, musique) et d'aptitudes remarquables pour l'apprentissage du français. Ils nous surprenent à tous les jours !!




samedi 23 juillet 2011

Et c'est pas fini...Ce n'est qu'un début....

Voilà, nous y sommes. Dimanche le 24 juillet c’est le retour à la maison. ENFIN !!!! Nous sommes en Ukraine depuis le 21 mai. Je ne sais même pas combien cela fait de jours en tout, je n’ai pas l’énergie de le calculé (mon chum vient de la faire  62 jours !!) Je n’ai pas l’impression non plus que toute cette aventure ait été très longue, même si parfois j’avais l’impression que le temps était carrément arrêté ou du moins…long. Nous avons eu la chance de vivre une belle expérience dans l’ensemble. Nous n’avons pas eu de pépins majeurs, nous avons eu du beau temps CHAUD (un peu trop…mais on s’y habitue). Nous avons été bien logé, bien nourri (avec de l’imagination et de l’audace), nous avons bien bu (la bière est bonne), nous avons fait de belles rencontres, Zoubida et Michel, Monique et Jérôme, Carmen et Gilles, une bouffée de bonheur et de solidarité tout au long de notre processus. Ces amitiés précieuses nous ont permise de traverser bien des obstacles et des creux de vague avec plus de courage. L’équipe de TDH en Ukraine a aussi grandement contribuée à faciliter nos démarches. Johny Cash à souvent chanté dans le téléphone de Valentine, qui avait choisi cette mélodie pour identifier les appels entrant de Ksénya, Nadia et même Victor (notre chauffeur à Kiev) qui a appelé pour prendre des nouvelles.

Nous avons fait un changement de cap important en cours de route. Notre décision initiale était d’adopter un seul enfant entre 0 et 7 ans ou des jumeaux du même groupe d’âge. Une fois sur place, confronté à la réalité des propositions d’enfants malades (gravement malade) et de l’annonce de la nouvelle loi selon laquelle il est interdit d’adopter un enfant de moins de 5 ans, à moins qu’il soit dans une fratrie dont l’un des enfants a plus de 5 ans, nous avons pris la décision de réviser notre désir initial d’adopter deux enfants.  Avec la collaboration de notre travailleuse sociale, nous avons fait une légère modification en demandant que soit modifiée notre proposition fratrie-jumeaux, pour une fratrie de deux enfants de 0 à 9 ans  pour nous assurer une plus grande ouverture.  Voilà la raison de notre premier délai d’attente. Une fois les documents arrivés, notre 2e rendez-vous  étaient une étape importante puisque nous savions que nous aurions de nouvelles propositions. Par solidarité (et générosité), nos amiEs de l’Abitibi-Témiscaminque nous ont accompagnés et attendus durant l’heure que durait ce fameux rendez-vous avec le destin. Un cadeau inestimable !!!

Nous nous sommes mis beaux et nous étions confiants  d’avoir des propositions intéressantes et surtout à profusions, puisque semble t-il, les enfants plus âgés sont plus nombreux à attendre une famille. Pourtant, quelques minutes avant de rencontrer la psychologue responsable des propositions d’enfants au SDA, les nouvelles sont moyennes, mais nous sommes confiants et on fonce.  Trois propositions nous sont faites : Un garçon de 7 ans en santé et sa petite sœur de 3 ans qui a un problème de santé plus grave; un petit homme de 7 ans avec un problème moyen de santé; et deux (petits lions) de 7 et 8 ans, en bonne santé avec quelques difficultés au niveau scolaire pour le petit. Diana et Ivan ont un air sérieux, presque sévère dans leurs habits trop grands, trop vieux pour de si petits, petit. Diana avec ses cheveux foncés et ces grands vêtements m’intimide au premier regard. Elle a l’air sévère. Ivan me charme. On voit bien qu’il prend la pause et il inspire un sérieux inébranlable. C’est décidé, ce sont eux que nous irons voir. Nous sommes Mardi, nous devons attendre Mercredi 16h pour avoir l’autorisation du SDA et Jeudi pour prendre le train vers Sébastopol à 13h…..pour un périple qui durera 18 heures. Les paysages sont magnifiques, le confort est acceptable, la bière est bonne, le stress s’intensifie. Je suis hanté par cette photo que j’ai vu quelques minutes et qui changera ma vie. Je me remets e question sur l’âge des enfants. 7 et 8 ans….c’est vieux !! Mais j’ai toujours l’image de ces deux enfants que je me représente comme des géants, plus le temps passe. J’angoisse. Je n’ai plus de raison et surtout pas de raison de m’inquiéter, mais c’est une drôle de situation où l’on joue notre vie. Finalement, c’est le bruit et le mouvement du train qui me réconforte. Je m’endors. Je dors.  5h am. Il faut se préparer, mais voilà que le train à 1h30 de retard…on (je) poursuit donc mon dodo quelques minutes, toujours bercée par la vague du wagon qui suit les rails usées du train passager d’Ukraine.

Sébastopol se trouve à l’extrême sud de l’Ukraine. À 1000 Km de Kiyv, dans la région de la Crimée (KPIMB), aux abords de la mer noire, Sébastopol sera notre port d’attache pour le prochain mois (nous y serons du 10 juin au 14 juillet 2011). Siège de la marine Russe, les matelots déambulent dans les rues, les navires sont amarrées ou voguent au loin, les sous-marins sont en réparation, ça grouille d’activités maritime. Lieu de prédilection pour les ukrainiens qui y viennent pour des vacances au bord de la mer, Sébastopol est une magnifique ville, pratique et offrant plein de divertissements, des monuments historiques grandioses et symbolique. C’est d’ailleurs là que j’ai fait la connaissance de Catherine de Russie!!

Premier contact

Après une douche vite faite et un petit déjeuné bien mérité, nous avons fait la rencontre de deux petits lions. Ceux que j’avais imaginés comme des grands intimidants, sont en fait deux petits bouts de choux, dont l’un est haut comme trois pommes. Ses petits cheveux blonds fraîchement rasé sont doux à caresser. L’autre, est une grande d’au moins quatre pommes et demie, un peu timide, elle nous lance des petits regards furtifs et se lance. En moins d’1h30, nous avons parcourus des milles et des milles. Le courant passe, nous choisissons de poursuivre l’aventure avec ces deux petits lions d’août. Bien que notre lune de miel sera de courte durée, du 10 au 21 juin, nous profitons à plein des journées passées en famille à jouer, se câliner et a apprendre à se connaître. Trop tôt nous vivons notre première séparation familiale. Les petits lions partent à la montagne…pour tout l’été !! C’est le cœur gros que nous accompagnons nos petits à l’autobus qui les transporte vers un nouvel univers, trop loin pour nos moyens. Nous devrons rationner les visites qui se font en taxi, à plus de 80 km de la maison, aller et retour.

Les retrouvailles sont toujours moments de pur plaisir. On sent leur excitation et l’effet de la discipline de l’orphelinat. Ils sont bien préparés aux séparations. Pas de crises, pas de larmes, mais des petits bras qui serrent fort, des petits cœurs qui battent vite et des yeux tristes qui espèrent déjà la prochaine visite. Pour nous, le trajet est l’occasion de découvrir l’arrière pays, d’humer le parfum de la campagne qui sent bon le lilas dans la chaleur de juillet. Cette période de séparation aura durée du 21 juin au 14 juillet 8h00 am. C’est ce vendredi matin que nous sommes allés chercher nos petits, attendant sagement de ce côté ci de la barrière, puisque l’accès au site nous était interdite. En moins de 10 minutes, on entend des petits cris de joie, Ce sont nos petits lions dans leurs habits neufs qui arrivent. Que de joie et de bonheur. Mais la tournée n’est pas finie. Heureusement, nous avons un chauffeur expert digne d’un pilote de go-cars. Il n’a peur de rien, ni de personne, tout en étant très prudent, il connait son affaire ! (Et non, ce n’était pas Stanislas et sa Volga!!).

Après quelques étapes administratives, on prend un dernier repas en famille avec Babouchka qui dit adieu à ces deux petits enfants et qui nous accompagnent sur le quai d’embarquement du train de Sébastopol vers Kiev. Il est 14h50….nous arrivons à Kiev à 9h00 am. On découvre notre nouvel appartement (en face de celui que nous avions avant de partir), on fait les courses et on apprend à vivre en famille !!

Ha! Ha! Voici la vraie vie qui commence..... À suivre !!


mardi 12 juillet 2011

Virée en Volga...avec Stanislas !!!

J'avais entendu parler des virées en voitures qui donnent mal au cœur. Comme la chaussée est parsemées de trous, les chauffeurs les évitent. Comme les voitures sont parkées n'importe comment, les chauffeurs les évitent. Comme les piétons ont priorités et qu'ils traversent "n'importe où", les chauffeurs les évitent. Comme les chauffeurs ne sont pas très riches...les voitures ne sont pas toujours en ordre...et cela on ne peut pas l'éviter. La mode ici, c'est de pousser sa Lada pour qu'elle décolle !! Les taxis ont (de petites) voitures américaines et les chauffeurs sont des "AS" du volant. La circulation est chaotique....il y a beaucoup de monde et de moyens de transports. Donc, ça brasse !! Et fait important, personne est attaché, tout le monde fume et on parle au cellulaire, tout en conduisant !!!!!
Hier, nous avons fait notre première tournée de "PAPERASSES!!!" avec Stanislas et sa Volga!! En voyant cette belle voiture blanche, je me suis dit : " Wow !! Une belle voiture antique ! Ligne allongées, gros cadrans, sièges moelleux....est propre !". Mais, ce n'est qu'après 5 ou 6 vrombissements et une odeur de gaz insoutenable, que la belle s'est mise en marche....je me suis dit que c'était normal...est plus toute jeune.
Stanislas, notre chauffeur privé, est un monsieur qui s'est fait beau ce matin. Il sent le Brut 33...cette bouteille verte d'after-shave que mon père gardait pour se faire beau. Les poignées des fenêtres en arrière sont disparues. L'odeur de gaz qui semble faire un retour expresse dans l'auto, se mêle  au Brut qui s'active à la chaleur qui se manifeste par une coulée de sueur qui perle sur la tempe droite de Stanislas, qui manifestement ne sait pas par où passer. Il tourne à gauche, à droite, s'énerve, sue, pue, l'odeur de gaz s'intensifie à chaque coup de pédale et le Brut-33 qui continue de s’activer à la chaleur intense qui persiste. J'ai mal au cœur!!!!
Finalement, on s'habitue. Surtout de l'autre côté, soit celui où Marc a réussi à ouvrir la fenêtre de quelques centimètres. Maintenant, c'est lui qui a la face verte....Ça va pas ?? Veux-tu changer de place !! Comme il est galant, il a retient son souffle.
PS : La Volga n’a de Vintage que le look. Cette voiture Russe est une petite cousine de la Lada. Elle a des courbes plus allongées et ressemble étrangement aux voitures américaines des années 70. Nous en avons vu une similaire, mais avec des courbes plus ronde, plus années 50. Stanislas était fier de nous parler de sa belle vielle…euh non…. Plutôt récente !! Celle que je croyais tous droit sortie des années 70 est en fait, une fraiche 90 !!!